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Rénovation énergétique : vers la fin du chauffage collectif en copropriété ?

Dans le cadre d’un dossier consacré à la nouvelle Réglementation environnementale (RE2018) qui se profile, Green et vert vous aide à y voir plus clair. D’où vient cet engouement pour la construction de bâtiments à énergie positive ? En quoi le secteur du bâtiment se retrouve directement impacté par les différentes réglementations ? Comment amener le particulier à voir son logement différemment ? Toutes les réponses dans notre dossier.

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Avec l’augmentation des charges de copropriété, les Français deviennent de plus en plus méfiants vis-à-vis du chauffage collectif. Depuis plusieurs années, la tendance est à l’adoption de systèmes individuels plus performants et écologiques.

Des charges de copropriété qui ne cessent d’augmenter

En 2016, les charges de copropriété ont augmenté de 3,9 % en France par rapport à 2015 alors que l’inflation n’a été que de 0,5 %, d’après une étude de l’ARC (Association des responsables de copropriété). Après une baisse de 4,7 % enregistrée en 2014 et un taux stable (+0,7 %) l’an dernier, ce net retour à la hausse confirme la flambée constatée ces 10 dernières années dans le secteur. Entre 2007 et 2014, les frais de copropriété ont en effet grimpé entre 4 et 6,2 % chaque année. Si le coût des contrats d’assurance a explosé depuis 10 ans (+82,2 %), les dépenses de gestion courante ont également augmenté de 47,9 % du côté des syndicats, que l’ARC accuse « de pratiques abusives ». Le rapport de l’association souligne néanmoins la hausse limitée des frais de chauffage et d’eau chaude sanitaire, qui s’élèvent à +35,2 % sur la même période.

Responsable d’un tiers des charges de copropriété, le chauffage connaît une véritable révolution avec la généralisation des travaux de rénovation énergétique. Les vieux systèmes de chauffage collectif n’ont plus la cote, surclassés par des systèmes modernes beaucoup plus performants. En 2014, les immeubles fonctionnant au fioul domestique ne comptaient plus que pour 7 % des appartements français alors que cette source d’énergie était encore utilisée par 20 % des logements en 1990. Les disparités sont toutefois importantes selon les régions : 2 % d’appartements en Aquitaine étaient chauffés au fioul en 2014, contre 14 % en Alsace. Mais la tendance est à son abandon pur et simple au profit de solutions beaucoup plus économiques. « Abandonner le fioul est une bonne idée car, dans un immeuble, vérifier si la cuve est pleine ou s’il faut réapprovisionner peut être fastidieux », apprend-on dans Que Choisir Spécial Rénovation Energétique de Juin 2017. « Commander le fioul au meilleur moment peut aussi s’avérer très compliqué et les tarifs pratiqués sont souvent élevés. »

Les PAC, mode de chauffage préféré des Français

La désaffection pour le fioul s’explique également par ses importantes émissions en gaz à effet de serre (GES), qui rebutent une population de plus en plus sensible au coût environnemental ainsi qu’aux risques toxiques. Pourtant, les combustibles fossiles demeurent privilégiés dans les règlementations thermiques. Depuis 2005, elles pénalisent l’électricité de sources nucléaire et renouvelable suite à l’instauration d’un coefficient énergétique défavorable aux énergies secondaires. Les futures RE2018 et RT2020 ne changeront rien à ce paradoxe malgré la volonté affichée par l’État de développer des logements produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment (BEPOS). Face à la complexité de la règlementation française, les habitants de logements collectifs semblent vouloir prendre leurs responsabilités en installant des systèmes individuels, comme le constate Que Choisir. « Dans les immeubles, le chauffage est souvent source de querelles : certains ont froid quand d’autres ont chaud et si la chaudière est ancienne et a besoin d’être changée, la tentation est grande de passer au chauffage individuel. »

Pour ce faire, un audit ou un diagnostic de performance énergétique s’impose afin de vérifier l’opportunité d’un tel remplacement et de déterminer la meilleure solution pour chaque cas de figure. Du fait des progrès en matière d’isolation thermique, la plupart des anciennes chaudières seraient surdimensionnées de plus de 20 %, source d’une dépense énergétique inutile. Les occupants d’un immeuble équipé d’une chaudière de plus de 15 ans paieraient en moyenne 400 euros de plus par an par rapport à ceux ayant une chaudière plus récente, affirmait déjà un article du Particulier en 2007. D’importantes économies sont donc plus que jamais à la clé pour les résidents de logements collectifs, notamment grâce aux nouvelles générations de chaudières et aux pompes à chaleurs (PAC). Plus écologiques et économiques, ces dernières seraient le mode de chauffage préféré pour 37 % des Français en 2017, contre seulement 18 % pour le gaz naturel et 16 % pour les poêles à bois. Les PAC air/air, air/eau et géothermiques séduisent pour leur rendement sans égal, créant entre deux à quatre fois plus de chaleur que l’énergie électrique absorbée. « C’est plus cher à l’achat, mais on s’y retrouve en consommation », assure Jean Grizel, président du constructeur immobilier Domexpo. Pour encourager les Français à sauter le pas, l’État propose des aides financières comme le CITE (Crédit d’impôt pour la transition énergétique), qui permet de réduire jusqu’à 30 % du coût initial.

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Derniers commentaires

  1. c’est une évidence que les gens ne sont pas responsabilisés avec la facturation commune des énergies !!