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Des chercheurs à la recherche de la cryoconite au pôle Nord

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Au pôle Nord, une expédition est en cours afin de permettre à des scientifiques toulousains d’analyser la cryoconite. Il s’agit d’une pollution issue de l’activité humaine que l’on retrouve sur la banquise.

Au pôle Nord, au cœur de la banquise, pas de voitures ou de camions dans les embouteillages. Ce qui n’empêche, à des milliers de kilomètres des mégalopoles et de leurs activités humaines, d’observer une fine pellicule noire sur la couche de glace, semblable à celle qui s’accumule sur les murs de nos grandes villes.

Cette cryoconite, des scientifiques de l’Institut national polytechnique de Toulouse ont décidé de l’étudier de près, afin de connaître ce qu’elle contient. Et pour y arriver à cet objectif, ils profitent de l’expédition sportive et technologique  La Voie du Pôle, partie le 19 juin dernier pour trois mois.

Du microplastique et mercure

À bord d’un voilier hybride, qui est un catamaran mais aussi un char-à-glace, trois courageux hommes sont en train de parcourir 3.000 km et  profiteront du périple pour effectuer des prélèvements.

Ces échantillons seront ensuite analysés au sein du Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement (EcoLab).

Roman Teisserenc, coordinateur du projet scientifique explique que leur premier objectif est de savoir s’il y a une origine anthropique à ce dépôt noir transporté jusqu’au pôle Nord par le vent. Ils veulent également mesurer la concentration de mercure et de microplastiques, des contaminants présents dans la cryoconite et qui finiront par rentrer dans la chaîne alimentaire.

La présence de cette fine couche est malheureusement loin d’être anodine pour la banquise. Le chercheur toulousain ajoute que ces matières sombres absorbent plus de rayonnements, ce qui réchauffe la surface de la glace et crée des micro-lacs. L’intérêt est donc de connaître également l’origine de leurs formations.

Le pôle nord n’est pas épargné par la pollution du plastique

On sait que depuis vingt ans, l’Arctique a perdu 1,6 million de km2 et que d’ici 2030, la banquise pourrait totalement disparaître l’été. Toutes ces données jamais été collectées aupparavant à cette échelle et offriront la possibilité de savoir si la composition varie selon qu’on soit au centre de la banquise ou près des continents.

Mais au-delà des résultats, l’objectif est également de sensibiliser le grand public. Romain Teisserenc souligne qu’ils veulent montrer que même dans des endroits très loin de la civilisation, il y a un impact, même au pôle Nord on peut retrouver des microplastiques.

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