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Green et vert

Le développement durable passe par le soutien prononcé de l’État

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L’Inde a tous les ingrédients pour réaliser un remake bollywoodien du fameux rêve américain : 9% de croissance économique annuelle, le titre de « bureau du monde», des richissimes hommes d’affaire à tire-larigot, et une ambition à peine dissimulée de devenir le laboratoire du monde.

Mais derrière ces signes ostentatoires de pouvoir économique se dresse un tableau peu reluisant des progrès environnementaux et sociaux. En effet, le droit du travail et la protection sociale ne concernent encore qu’une faible minorité de la population active ; le Gange et l’Indus comptent parmi les dix fleuves les plus pollués au monde ; et Dharavi se distingue en occupant la première place des bidonvilles d’Asie.

Smog à New Dehli

Les mentalités évoluent cependant. Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) sur les «Tendances mondiales dans le secteur de l’énergie verte en 2010» publié en juillet 2010, l’Inde se hisse au huitième rang des investissements dans l’énergie durable. Jairam Ramesh, le très charismatique ministre de l’environnement qui a fait de la lutte contre le changement climatique son cheval de bataille, n’est pas étranger à l’éveil du gouvernement indien aux pratiques de développement durable. Selon lui, un choix critique attend les élites : entre un environnement sain et une croissance de 9% par an ou plus, il faut choisir.

En août 2010, le géant britannique Vedanta s’est ainsi vu refuser son projet de mine de bauxite dans les collines de Niyamgiri, apparaissant comme une menace pour les forêts et la montagne sacrée de la tribu des Dongria Kondh. Au mois d’octobre de la même année, c’est au tour de Posco de voir son faramineux projet de 12 milliards de dollars sur la sellette. La cause ? Des acquisitions de terrains violant la loi sur la protection des forêts. En février dernier, l’aciériste sud-coréen reçoit finalement l’aval des autorités indiennes pour bâtir son complexe sidérurgique dans l’est du pays, mais sous certaines conditions : Posco devra verser 2 % de ses profits à un fonds de développement durable. Autre exemple, l’Etat indien du Kerala entame une poursuite en justice contre la multinationale Coca-Cola, accusée d’avoir contaminé les nappes phréatiques et pollué l’environnement autour d’une usine d’embouteillage.

La mise en place d’un tribunal dédié aux conflits environnementaux

Autre fait majeur, après l’Australie, la Nouvelle Zélande et le Canada, l’Inde met en place un tribunal dédié aux conflits environnementaux : le National Green Tribunal (NGT) a vu le jour fin 2010. Par ailleurs, le gouvernement indien s’apprête à imposer aux sociétés un investissement de 2% de leurs profits dans la RSE. L’initiative s’appliquera aux entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 10 milliards de roupies (environ 162 millions d’euros) ou, dont le profit net est supérieur à 50 millions de roupies (environ 810 000 euros).

Néanmoins,

l’Inde étant composée de macro-systèmes très variés, c’est dans chaque village que doit se définir les plans d’action pour l’amélioration et la gestion des micro-écosystèmes

…, explique Cyril Rollinde, Business Developer chez Sunna Energy.

Chaque action affectant une zone du système subtil agro-sylvo-pastoral d’un village a des conséquences inéluctables sur les autres. La gestion de ces systèmes complexes ne peut se réaliser judicieusement que si elle implique la population de façon active.

Tata Steel en 27ème position des 100 entreprises mondiales les plus durables

La volonté d’agir pour un développement durable progresse aussi dans le secteur privé. Dans le cadre de son programme d’accès à l’énergie BipBop, la multinationale Schneider Electric a lancé In-Diya, un système d’éclairage à très faible consommation électrique visant à réduire le nombre d’Indiens n’ayant pas accès à l’électricité (500 millions). Reliance alloue environ 100 millions de roupies (1,6 millions d’euros) pour la création d’un Centre National pour la Biodiversité Maritime (CNBM), dans le cadre d’un partenariat public-privé. De son côté, le groupe indien Tata a récemment construit le tata Swach, un purificateur d’eau d’une valeur de 22$ qui fonctionne sans électricité, ni eau courante. Cette innovation est destinée aux ménages à faibles revenus vivant dans les zones rurales.

En se positionnant à la 27ème position des 100 entreprises mondiales les plus engagées en faveur du développement durable (cf. classement Global 100 de 2011), Tata Steel démontre que des entreprises indiennes amorcent leur virage vers le green business. Notons que les sociétés ABB et Reliance Industrie arrivent respectivement en 64ème et 96ème positions du classement.

S’il est important de féliciter les entreprises indiennes qui œuvrent en faveur du développement durable, celles-ci ont encore un long chemin à faire. Selon une étude réalisée par l’entreprise Regus en juin 2010, 85% des firmes indiennes estiment que si le gouvernement offrait des avantages fiscaux aux compagnies mettant l’accent sur la maîtrise des émissions de CO2 et l’utilisation d’équipement à faible consommation d’énergie, le passage à des pratiques plus écologiques seraient beaucoup plus rapides.

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