Des volontaires pour débarrasser le territoire des pièges à tigre

Il ne reste plus qu’une vingtaine de tigres de Sibérie en Chine. Pour les protéger, une centaine de volontaires a répondu à l’appel des organisations de protection de la nature pour aller retirer les pièges des braconniers. A la main et dans un froid pouvant atteindre -30 degrés…

Par GVadmin Modifié le 24 juillet 2012 à 17 h 28
Tigre de Sibérie. © TeryKats (Flickr.com)

Il ne reste plus qu’une vingtaine de tigres de Sibérie en Chine. Alors, dans les 6 zones forestières du nord-ouest chinois où on les voit encore apparaître de temps à autre, il faut les protéger. Pour cela, une centaine de volontaires a répondu à l’appel des organisations de protection de la nature pour aller retirer les pièges des braconniers. A la main et dans un froid pouvant atteindre -30 degrés Celsius…

Cadavre d'un tigre de Sibérie.
Le cadavre d'un tigre de Sibérie retrouvé avec un collet autour du cou près d'un réservoir, à Mishan, en octobre dernier. © Rénmín Rìbào

"Sauver les tigres de Sibérie 2012 – élimination des pièges" : voilà le nom que les organisateurs ont donné à leur nouvelle action qui se déroulera du 7 au 14 janvier prochain. Le journal quotidien Harbin Daily et le Bureau des forêts de la province du Heilongjiang ont reçu le soutien de la Société de conservation de la vie sauvage (Wildlife Conservation Society, WCS) pour organiser cette nouvelle édition d’une action qui relève du défi : sauver du braconnage les 20 tigres de Sibérie qu’il reste en Chine.

Sur les centaines de volontaires qui se sont proposés, 90 ont été retenus : Suiyang, Muleng, Dongfanghong, Yingchun (littéralement : "bienvenue au printemps", un nom insolite pour une région au climat si extrême), Dongning, Raohe... Ils vont passer une semaine dans le grand froid et l’épaisse couche de neige des forêts du nord-ouest. Ils seront d’autant plus motivés et conscients de l’importance de leur tâche qu’un tigre mort a été retrouvé en octobre.

Comme il ne reste selon les autorités qu’une vingtaine de tigres, la découverte d’un cadavre est donc à chaque fois un choc pour les défenseurs de la vie sauvage. C’est ce que ressent sincèrement Shi Dalei, étudiant à l’université de l’ingénierie de l’État du Heilongjiang. Le jeune homme participe pour la seconde fois à ce mouvement annuel :

Avec la découverte du tigre mort à Mishan en octobre, je suis encore plus convaincu de la nécessité de notre action. L’an dernier, on avait désarmé 304 pièges en une semaine.

Manque de nourriture

Un motif de satisfaction mais aussi une preuve que le braconnage de cette espèce protégée ne diminue pas, malgré tous les efforts de sensibilisation. Cette conscience du sérieux du problème a incité l’organisation américaine à envoyer des experts et plusieurs volontaires pour l’édition 2012 de cette "chasse au piège". Xie Yan, reponsable de WCS en Chine, est le témoin de cette lutte :

Par rapport à ce qui se passait il y a dix ans, la protection des tigres de Sibérie s’est fortement améliorée. Mais la lutte n’est pas finie, et la situation est encore inquiétante. Le nombre d’animaux sauvages diminue sans cesse, et l’alimentation naturelle du tigre de Sibérie s’amenuise gravement.

Le défi pour conserver le tigre de Sibérie, qui vit de part et d’autres de la frontière sino-russe, est énorme. Dégradation de l’habitat naturel, braconnage, diminution du gibier ont contribué à réduire la population du roi des neiges à quelques centaines de spécimens. Selon les estimations des spécialistes, il en resterait 500 sur le territoire russe et 20 côté chinois. On peut saluer le courage de ces volontaires qui vont affronter des températures extrêmes en espérant contribuer à conserver ce symbole de puissance animale de notre planète.

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