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Pour préparer l’avènement de la voiture électrique, le réseau devient smart

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Passer ou pas le cap de la voiture électrique ? Voici la question qui doit tarauder plus d’un automobiliste, à l’heure de changer de véhicule. A 25-30 000 euros l’investissement de départ, la pilule peut être dure à avaler. Et cela même si la recharge de sa voiture verte ne revient plus, par la suite, qu’entre 1,50 et 3,50 euros, selon le lieu et la rapidité du « plein » – et que 2 euros de recharge électrique suffisent à abattre 100 kilomètres, contre 8 euros en moyenne pour un véhicule diesel. Sans parler des économies réalisées en termes d’entretien et de réparation (inférieurs d’environ 25%, selon les experts), ou encore en matière d’assurance. Mais cela ne suffit pas toujours.

La France à la pointe pour subventionner l’électrique

Pour convaincre les indécis, les autorités publiques françaises mettent les bouchées doubles. L’Hexagone est en effet, et de loin, le pays européen le plus généreux en matière d’aides à l’achat de voitures électriques. Grâce à un bonus écologique de 6 000 euros, cumulable avec la « prime à la conversion » de 4 000 euros versée aux conducteurs qui remisent définitivement leur véhicule diesel datant d’avant 2006, l’addition apparaît tout de suite moins salée – et cela même si le nouveau dispositif Hulot, du nom de l’actuel ministre français de l’Ecologie, plafonnera ces aides à 8 500 euros à partir du 1er janvier 2018.

Cette politique incitative donne des résultats. La France est ainsi devenue, l’année dernière, le premier marché européen pour les voitures électriques – et le troisième au niveau mondial, derrière les Etats-Unis et le Japon. Quelques 27 307 véhicules à batterie ont été immatriculés en France au cours de l’année 2016, contre seulement 13 621 dans la pourtant très « verte » Allemagne. Et la tendance n’est pas prête de s’arrêter. Les ventes de véhicules électriques ont ainsi explosé de 30% sur les neuf premiers mois de 2017 par rapport à l’année précédente. En tout, ce sont plus de 100 000 véhicules qui ont été immatriculés et qui roulent désormais en France.

Qui dit voiture électrique, dit borne de recharge. Il ne suffit pas, en effet, de brancher son véhicule chez soi tous les soirs ; encore faut-il pouvoir le recharger sur la route. Les territoires français l’ont bien compris, et passent peu à peu le cap. C’est le cas, par exemple, de la région Pays de la Loire, qui vient de voter un budget de 885 000 euros afin notamment d’installer une quarantaine de nouvelles bornes rapides dans les départements ligériens – soit une tous les 80 kilomètres. Ces bornes permettront un chargement beaucoup plus rapide que celui effectué à la maison : les plus puissantes d’entre elles permettront de faire le « plein » en à peine une demi-heure.

Les smart grids contre le blackout

Après des débuts en dent de scie, la voiture électrique semble donc bien partie. Tous les constructeurs se sont passés le mot et rivalisent d’innovation pour séduire de nouveaux clients. L’allemand BMW planche ainsi sur pas moins de 25 nouveaux modèles. Chez Volvo, on table désormais sur une production 100% électrique ou hybride pour tous les véhicules conçus après 2029. Peugeot-Citroën estime que la moitié de son offre sera en version électrique d’ici à 2020, et même 80% en 2023. A l’horizon 2020, on estime que rouleront sur les routes de France au moins deux millions de voitures électriques.

Cette conversion à l’électrique représente une bonne nouvelle pour la planète, donc, mais aussi un défi de taille. Deux millions de véhicules électriques, cela signifie qu’il faudra installer la bagatelle de 400 000 bornes de recharges publiques et 4 millions de bornes privées d’ici à 2020. C’est la condition sine qua non pour qu’il soit aussi simple de circuler « électriquement » que de brancher son smartphone.

Mais que se passera-t-il quand les deux millions de conducteurs rechargeront en même temps leur véhicule, par exemple et selon toute probabilité, le soir en rentrant du travail ? La surchauffe ne sera pas loin. EDF estime ainsi que ces deux millions de véhicules branchés en même temps au réseau utiliseraient 10% de la puissance installée en France – et même la quasi-totalité en cas de « recharge accélérée ».

Pour éviter un blackout général, la solution passe par les smart grids, ces réseaux dits « intelligents ». Plus souples, plus décentralisés, plus réactifs qu’aujourd’hui, ces réseaux permettront aux fournisseurs d’énergie d’assurer l’équilibre entre une nouvelle offre – basée en partie sur les énergies renouvelables intermittentes – et une nouvelle demande, comme celle provenant des voitures électriques. Enedis, avec son compteur Linky, pose d’ailleurs en ce moment même les bases de ces futurs réseaux intelligents. Le compteur connecté permet en effet de transmettre l’information en temps réel, et, demain d’assurer au réseau électrique une plus grande souplesse et réactivité. Pas de panique donc : le « coup de la panne » – électrique – restera, demain comme aujourd’hui, l’apanage des séducteurs en manque d’inspiration, mais certainement pas la réalité vécue par les millions d’automobilistes « branchés »

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