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Pour faciliter l’autoconsommation, tout un écosystème se met en place

RT2018

L’autoconsommation électrique a le vent en poupe. L’autoconsommation ? Il s’agit tout simplement de produire et consommer son énergie électrique chez soi, grâce, le plus souvent, à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques. Près d’un Français sur deux (47%), selon un sondage OpinionWay, se dit aujourd’hui prêt à investir pour devenir acteur de sa consommation et de la transition énergétique. C’est une bonne nouvelle, alors que l’Hexagone accuse toujours un retard sur ses voisins, comme l’Allemagne, où près de 5% des foyers produisent déjà par eux-mêmes une partie de leur électricité.

Les pouvoirs publics ont, enfin, compris tout le potentiel de l’autoconsommation. Depuis février 2016, un nouveau cadre réglementaire favorise cette nouvelle pratique. Et depuis mai, un arrêté instaure une prime à l’investissement de 100 à 300 euros par kWc. Avec un certain succès : selon le distributeur Enedis, quelque 14 000 nouvelles installations ont été recensées depuis un an, un chiffre en progression de 50% sur douze mois.

L’innovation au service de la transition énergétique

Les start-up, de leur côté, ne sont pas en reste. Elles accompagnent le développement du phénomène, à l’image de Skavenji, une entreprise française commercialisant un boitier qui permet d’injecter l’électricité produite localement vers de petits appareils électroniques, comme un smartphone. La Grenobloise EnerBee, quant à elle, distribue un micro-générateur permettant une autonomie totale en matière de ventilation des immeubles et logements. Chez Sunpartner Glass, on développe un verre photovoltaïque et intelligent qui fait de vos fenêtres et même de votre écran de smartphone des producteurs d’électricité.

L’innovation passe aussi par les solutions de stockage. En effet, qui dit autoconsommation dit, le plus souvent, recours aux énergies renouvelables (EnR). Mais qui dit EnR, dit énergies intermittentes : en d’autres termes, le soleil ne tape pas sur les panneaux ou le vent ne souffle pas dans une éolienne nécessairement au moment où vous avez besoin de cette énergie. Il faut donc pouvoir la stocker, afin de la consommer ou de la revendre plus tard – solution qui reste, aujourd’hui, difficile et coûteuse.

Pas de quoi décourager certains constructeurs automobiles et fabricants d’électronique, qui se lancent de plus en plus nombreux dans l’aventure du stockage. Premier à investir le marché des batteries domestiques, le voiturier Telsa a lancé, en 2015, son Powerwall, une batterie qui permet de réaliser entre 250 et 300 cycles de charge par an (soit environ un par jour), pendant dix ans, pour un coût initial compris entre 6 000 et 8 000 euros.

Autre constructeur automobile, Nissan s’est associé avec Eaton pour lancer le xStorage Home, une sorte de gros radiateur mural comprenant une batterie Lithium-Ion et pouvant générer entre 4,2 et 7,5 kWh. Une solution qui revient entre 1 100 et 1 350 euros/kWh, brillant par son côté polyvalent : elle alimente les équipements électriques quand la production locale est opérationnelle, faisant baisser la facture d’électricité ; elle emmagasine l’éventuel surplus de production ; elle sert enfin d’alimentation de secours en cas de coupure de courant.

Les compteurs communicants en renfort 

Avoir des panneaux solaires et une solution de stockage ne suffit pourtant pas. Encore faut-il disposer d’un moyen de raccorder cette production locale et décentralisée au réseau. C’est ici que les compteurs communicants, comme le Linky d’Enedis, prennent toute leur place. En effet, même si l’autoconsommation se développe, elle ne sera pas suffisante pour assurer le fonctionnement normal d’un foyer. Autrement dit, l’autoconsommateur que nous serons peut-être tous demain devra rester raccordé au réseau électrique et à un fournisseur, à qui reviendra la responsabilité d’assurer l’équilibre entre la production et la demande.

C’est justement ce que permet Linky. Le boitier vert pomme collecte, transmet et stocke les informations du producteur vers le réseau, et vice-versa. Il permet aussi d’envoyer les données afin de facturer une éventuelle revente du surplus produit. Enfin, le dispositif est gratuit, alors qu’il fallait auparavant installer un second compteur mécanique à ses frais pour goûter aux joies de l’autoconsommation.

Une petite révolution, qui n’est pas l’apanage des foyers particuliers. L’autoconsommation intéresse également les entreprises, comme Ing’Europe, un groupe d’ingénierie basé à Valence. Depuis septembre dernier, l’entreprise produit une partie de l’énergie qu’elle consomme grâce à l’installation de 60 m2 de panneaux photovoltaïques sur son toit. Réalisé par la TPE Vertéole, ce kit solaire connecté sera amorti en moins de dix ans et permettra à la société de réaliser 20% d’économies d’énergie. Séduits par l’autoconsommation appliquée à l’entreprise, les dirigeants d’Ing’Europe prévoient de généraliser l’expérience à l’ensemble de leurs bâtiments en France.

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