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L’humour, dernier recours pour sauver un des fleuves les plus pollués au monde?

Argentine / / Amérique du sud

Durant tout le mois de juillet, le musée des beaux-arts de La Boca exposera les œuvres d’une vingtaine d’artistes argentins dénonçant la pollution du Riachuelo à travers des dessins humoristiques. Trois millions de personnes vivent sur les berges de ce fleuve asphyxié, devenu au fil du temps l’un des dix endroits les plus pollués de la planète.

 

Dessin humoristique dénonçant la pollution du Riachuelo.

- "La parole au docteur Becerra Quiroz, de l'ONG 'L'amicale mutante de la rivière.'" - "Merci." (4ème conférence politique sur la pollution ambiante) © Sergio Langer | caglecartoons.com

Seules quelques bulles de méthane provenant de la décomposition des déchets accumulés au fond du fleuve viennent encore troubler la surface du Riachuelo. L’oxygène a totalement disparu, et avec lui, les dernières formes de vie qui survivaient encore dans ses eaux nauséabondes.

Pendant plusieurs décennies, le fleuve a servi de décharge aux industries et d’égouts aux bidonvilles qui bordent les 64 km que parcourt le fleuve dans la province de Buenos Aires, avant de se jeter dans l’océan.

Officiellement, pas moins de 530 entreprises polluantes sont recensées le long de ses berges, tandis que 2.500 familles vivent toujours dans la zone la plus dangereuse, à quelques mètres seulement de ses eaux toxiques.

Tout ira mieux en 3084!

Des dizaines de canalisations d’origine inconnue déversent en permanence des effluents industriels chargés de mercure, zinc, plomb, chrome et autres substances toxiques. Leurs traces sont souvent retrouvées dans le sang des enfants pour qui le fleuve constitue l’unique terrain de jeux.

C’est l’inaction des pouvoirs publics face à cette catastrophe humanitaire et écologique que l’exposition du musée des beaux-arts Benito Quinquela Martín entend dénoncer à travers les dessins humoristiques de Caloi, Crist, Ferro, Garaycochea, Sendra, Tabaré, Daniel Paz, Rep…

“Nous allons nettoyer le Riachuelo”, peut-on lire sur l’affiche électorale d’un candidat à l’élection de l’année… 3084 ! Ce dessin signé Kappel illustre bien le sentiment de la population locale, totalement désabusée par les promesses des administrations qui se sont succédées sans jamais oser s’attaquer de front au problème.

Irréparable ?

Toutefois, en 2008, une décision de justice a mis le gouvernement national et la municipalité de Buenos Aires au pied du mur, et les choses commencent à bouger peu à peu. La dernière épave de navire obstruant le Riachuelo a enfin disparu, mais la dépollution des eaux semble toujours hors de portée.

L’humour souvent acerbe des dessinateurs permet d’appréhender la démesure du désastre environnemental provoqué par les activités humaines qui ont donné vie à ce bassin industriel tout au long du siècle dernier, et de mieux imagier la vie des millions de personnes qui survivent tant bien que mal dans cet environnement toxique.

L’exposition, gratuite, se tiendra au musée des beaux-arts du quartier de La Boca jusqu’au 5 août 2011.

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