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Les homosexuels contraints de vivre dans l’ombre

Tadjikistan / / Asie

Au Tadjikistan, l’homophobie est généralisée et la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre victime de persécutions. Certains partent se réfugier en Russie, pourtant largement homophobe.

Au Tadjikistan, l'homosexualité reste vue comme une maladie. ©Veni Markovski (Flickr)

Comme beaucoup de jeunes de 28 ans à Douchanbé, Parviz est marié.

Je me suis marié à 20 ans parce que ma famille faisait pression sur moi. Puis, je suis parti en Russie pour travailler. C’est là-bas que j’ai réalisé que j’aimais les hommes et que j’ai commencé à fréquenter les bars gay et les parcs où les hommes se rencontrent.

Une sexualité dissimulée

La communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) du Tadjikistan demeure un versant tabou de la société. Pour Kiromiddine Goulov, directeur de l’ONG tadjike Chances égales, créée en 2009, pour aider légalement, médicalement et moralement la communauté LGBT, l’homophobie est généralisée en raison des

comportements traditionnels et de l’influence forte de l’Islam. La population, globalement, n’accepte pas les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles ou transsexuelles.

Beaucoup pensent que l’homosexualité est

un péché et que ces gens méritent la mort ou l’isolement.

L’homosexualité, une maladie à soigner

Selon une représentante du ministère tadjik de la Santé, qui parle sous couvert de l’anonymat, s’adresser à la presse lui étant interdit,

bien que l’homosexualité ait été retirée de la liste [gouvernementale] des maladies, de nombreux médecins estiment toujours que c’en est une.

Thérapie de l’aversion, traitements psychiatriques et de médicaments stimulant la production de testostérone figurerent parmi les remèdes.

Parviz ne pense pas avoir un problème, mais il ne peut rien dire à ses proches.

J’ai peur qu’ils ne m’acceptent pas comme je suis et je les couvrirais de honte.

Une communauté persécutée

L’homosexualité a été décriminalisée en 1998 au Tadjikistan, mais les persécutions, en particulier de la police, restent légion. Un rapport de 2011 sur les droits sexuels, co-écrit par l’ONG Chances égales, l’organisation Labrys, et une coalition internationale pour le droit de la communauté LGBT, fait la liste de cas réguliers de chantage, d’arrestations arbitraires et de violences physiques.

Quand Said, 23 ans, a confié à son meilleur ami qu’il était gay, il n’a pas réalisé son erreur.

Je lui faisais confiance, mais il était dégoûté. Il m’a dit que je finirai en enfer.

Peu après, la police a frappé chez lui, exigeant de Said qu’il leur donne 1 000 somoni (environ 160 euros), sans quoi ils parleraient à ses parents.

Qu’est-ce que je pouvais faire? J’ai payé et ils sont partis. J’avais peur, j’ai déménagé.

Pour Parviz, il n’y a qu’une solution, la sécurité relative de la Russie, où les crimes haineux contre les homosexuels restent néanmoins courants.

Là-bas, je suis plus libre d’entretenir le genre de relations que je veux.

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