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Le recyclage encouragé par le problème des terres rares

Japon / / Asie

Les métaux rares, indispensables à l’industrie moderne, sont au centre d’un jeu d’échec diplomatique entre la Chine et le Japon. Pour s’affranchir de sa dépendance vis-à-vis de l’empire du milieu, le Japon envisage toutes les alternatives. Et la bonne nouvelle, c’est que la plus crédible c’est… le recyclage des produits électroniques.

© Tono Balaguer

Les minerais qui permettent de produire les métaux rares sont appelés les ‘terres rares’. Ils sont donc indispensables à l’industrie moderne et notamment celle des véhicules électriques, que les gouvernements japonais et chinois veulent dominer. Et la Chine, qui détient les plus grandes réserves mondiales de ces minerais, est consciente de sa position favorable.

Ainsi, en septembre dernier, prenant prétexte d’un conflit territorial sur l’archipel Diaoyu, la Chine a stoppé ses exportations de terres rares au Japon. Si le commerce a repris depuis, l’archipel est cependant conscient de la fragilité de cette source d’approvisionnement.

Envisageant de développer ses propres minerais et d’investir dans des réserves en Amérique du nord, le gouvernement nippon a peut-être trouvé une solution encore plus sûre : récupérer les métaux rares qui dorment dans les appareils électroniques de la population. Aujourd’hui, le recyclage des appareils électroménagers japonais ne comprend que les télévisions, climatiseurs, réfrigérateurs, laves linge et ordinateurs. La loi obligeant au recyclage a permis de recycler 70% des plus de 216 millions d’appareils électroniques jetés par les consommateurs. Mais que faire du reste des équipements, qui concerne essentiellement le petit électronique ?

Le ministère de l’environnement a présenté le 9 février dernier son projet d’étendre la loi sur le recyclage à tous ces produits. On pense notamment aux téléphones mobiles, lecteurs MP3, etc…, omniprésents dans un archipel à la pointe de la technologie. Les 14 types d’appareils cités dans le projet de loi permettraient selon le ministère de récupérer chaque année 4 455 tonnes de métaux basiques tels que cuivre et plomb, et surtout 162 tonnes de métaux rares. Une économie de ressource chiffrée par le ministère à 35 milliards de yens (environ 309 millions d’euros)…

Si certains s’opposent à la proposition de loi, s’interrogeant sur la confidentialité des données contenues dans les appareils récupérés, d’autres la déclarent inenvisageable car trop coûteuse. Mais le contexte de tension sur les approvisionnements de terres rares parlera certainement en faveur de ce projet.  Rien de mieux que l’intérêt politique pour faire avancer la cause du développement durable !

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